Jòia - Hélène Darroze

Jòia - Hélène Darroze

Publié le 10 septembre 2018, 14:26

Rue des Jeûneurs

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C'est incontestablement la table de cette rentrée 2018. Mais surtout, c'est la table bien pensée de cette rentrée. Car si le cru 2018 s'annonce riche en ouvertures de lieux rivalisant d'audace au travers de décors hautement instagrammables et d'assiettes à partager (tendance lourde du moment), le tout imaginé par un chef médiatisé ou du moins aussi suivi qu'une influenceuse mode, tout n'est pas bon à prendre, passé le premier moment d'envie.

Jòia - Hélène Darroze



Hélène Darroze que l'on connait pour ses étoiles à Paris et à Londres au Connaught, pour ses collaborations diverses dans le monde et pour son titre de Meilleure femme chef du monde décerné en 2015 par Veuve Cliquot (je me demande pourquoi il y a toujours meilleur chef ET meilleure chef femme... mais n'allons pas froisser les susceptibilités de ces messieurs), et que le grand public peut suivre devant l'écran ou sur son compte Instagram fort sympatique, est une femme inspirante. Ne l'appelez surtout pas chef, elle déteste ! Mais c'est avec le sourire qu'elle vous accueille quand elle est présente dans son nouvel antre du deuxième arrondissement parisien, Jòia.

Jòia - Hélène Darroze



Véritable adresse de quartier, propice aux rencontres et aux retrouvailles, ce QG idéal d’une bande d’amis bons vivants est chaleureux et confortable. Ses deux espaces, comprenant un restaurant et un bar à cocktails, donnent l’impression d’être reçu dans la maison d’Hélène Darroze. Faite de convivialité et d’authenticité, la cuisine de l’endroit, réconcilie, quant à elle, l’exigence et la simplicité. Poulet jaune des Landes brioché de foie gras sous la peau ou cogote de merlu de Saint Jean de Luz rôti à l’espagnole, l’heure est aux plats de partage et à la réinterprétation de recettes traditionnelles. Parmi les twists créatifs de la cuisinière, la poutargue royale, des poireaux mimosa ou le léger fumage au foin du cou d’agneau de lait Axuria.

Jòia - Hélène Darroze



C’est au rez-de-chaussée - sans nappe, mais avec 60 couverts - qu’Hélène Darroze reçoit à sa table. Ouverte sur la salle, la cuisine dirigée par le Chef Thomas Piat laisse échapper les rires de la brigade comme le crépitement des cuissons, mais aussi ses délicieux fumets et son ambiance qui ne tarde pas à gagner tout le restaurant et à le transformer en une maison pleine de vie. Dans l’assiette, les recettes de grand-mères côtoient des délices inspirés des voyages d’Hélène Darroze, comme les raviolis de Mamma Léna, le chicken pie comme au Connaught, le fried chicken accompagné d’une mousseline au cumin ou la sauce chimichurri qui se marie avec la short ribs de boeuf. Aux côtés du chef pâtissier Kirk Whittle, complice de la cuisinière depuis près de quinze ans, les desserts ont la part belle, avec notamment le mille-crêpes au thé matcha, la profiterole craquante au café servie avec une sauce chocolat chaude ou encore la pavlova aux fruits de saison rôtis et Chantilly aux baies roses.

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Si certaines saveurs évoquent l’Italie ou encore le Japon, la touche Darroze reste celle du travail et d’une expression nouvelle des produits du sud-ouest; le jambon Noir de Bigorre, l’andouille de Pascal Manoux, les chipirons de ligne sautés à l’ail rose de Lautrec, le foie gras de canard des landes au poivre Timut ou la ventrèche de thon confite aux piments doux d’Anglet. Inspirées d’horizons divers, les recettes de Jòia ont néanmoins pour territoire commun la recherche du meilleur produit, tout autant que le don de soi et de ses émotions.

Concernant la carte des vins de Jòia, exclusivement féminine, elle valorise des nectars précis, véritable expression de terroirs, que sont les vins issus de l’activité passionnée des vigneronnes ou oenologues. À l’image d’Hélène Darroze dans l’univers des Chefs, ces dernières ont su tracer leur voie dans un monde communément masculin. Jòia met ainsi ces vins de femmes à l’honneur. Parmi eux, le Chablis d’Athénaïs de Béru, Le Jurançon de Yvonne Hegoburu et même quelques vins d’exception comme le Château Margaux d’Alexandra Petit-Mentzelopoulos. Une carte qui met en lumière les terroirs français, mais également les références internationales avec, par exemple, le Portugal, l’Allemagne ou l’Italie avec la cuvée Passito Sangue d’Oro de Carole Bouquet. Des femmes donc, mais une exception chez Jòia : l’iconique collection d’Armagnacs élevés par Marc, le frère d’Hélène Darroze.

Jòia - Hélène Darroze



Dès 17h00, le premier étage du 39 rue des Jeuneurs s’anime. C’est ici, dans le salon feutré et cosy, que prend place le bar à cocktails. Banquettes où l’on s’enfonce bien volontiers, velours, bois nobles ou cuirs invitent à la détente. La carte met, quant à elle, en avant trois chapitres de créations et associations novatrices d’ingrédients comme ceux du Bloody Mary et son infusion de poivre Timut, épice favorite d’Hélène Darroze.

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Le chef barman revisite des cocktails créés ou inspirés par des femmes, des classiques français mais aussi des cocktails frais donnant joie, bonheur et sourire comme par exemple l’Herbe Rouge un mix entre le Boulevardier et le Grass Höpper composé d’un mix de bourbons, de Martini Riserva Rubino, de Galliano, d’écorces de fèves de cacao et menthe fraîche ou encore le French Tiki, un gin Tanqueray infusé maison à l’huile de coco, un rhum plantation à l’ananas, du jus de citron vert frais et du champagne brut.

Jòia - Hélène Darroze



Des mets à partager accompagnent les spiritueux, comme le guacamole "par vos bons soins" (à assaisonner et à écraser soi-même) ou le seafood platter, plateau de fruits de mer réinventé. Inspiré par l’expérience anglaise de la cuisinière, cet espace apporte un peu de cette culture britannique qu’est celle du bar élégant, mais bon enfant, à Paris.

On réserve !

Jòia
39 rue des Jeuneurs
75002 Paris

Tel : +33 1 40 20 06 06


joiahelenedarroze.com

Crédits visuels : Nicolas Buisson /

 

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