Dior Haute Couture - Spring Summer 2019

Dior Haute Couture - Spring Summer 2019

Publié le 22 janvier 2019, 09:59

"C’est un homme ou c’est une femme ? Ni l’un ni l’autre, c’est un clown."

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Lundi 21 janvier 2019, une curieuse tente rayée intriguait au milieu du jardin des Tuileries... Le cirque est un lieu féerique. L’imagination de nombre d’artistes a été stimulée par la fascination pour cet univers à la fois merveilleux et brut, poétique et essentiel. Christian Dior aimait se rendre au Cirque d’hiver, où Richard Avedon, qui a su restituer l’essence du style de Monsieur Dior de manière extraordinaire, prendra, en 1955, la célèbre photo intitulée Dovima et les éléphants, une image qui évoque à la perfection la magie et la majesté de la haute couture.

Dior Haute Couture - Spring Summer 2019



En 1950, déjà, la télévision britannique avait réalisé un reportage intitulé Dior Circus comes to town à l’occasion du défilé de la Maison à l’hôtel Savoy, à Londres. Le thème du cirque réapparaît plus tard chez Dior sous la direction artistique de John Galliano. Le défilé n’est-il pas une parade à l’image de celle qui inaugure le spectacle de cirque ? Les grands artistes du XXe siècle Pablo Picasso, Erik Satie, Serge de Diaghilev et Léonide Massine, réunis autour de Jean Cocteau – habitué du cirque Medrano, qui comptait aussi Federico Fellini parmi ses adeptes – ont imaginé le ballet Parade, en Italie, entre Rome – la ville natale de Maria Grazia Chiuri – et Naples, avant de le présenter sur les scènes parisiennes, en 1917.

Dior Haute Couture - Spring Summer 2019



Ce fabuleux chaos créatif est le point de départ de Maria Grazia Chiuri pour cette collection haute couture printemps-été 2019. La séquence visuelle des pièces qui la composent laisse exploser le souvenir et l’imaginaire qui habitent le cirque et son rapport aux costumes, à la mode et à l’art, jusqu’à l’évocation des travaux que Cindy Sherman consacre aux clowns. Cette collection est constituée d’une superposition d’images : la peau tatouée de la femme, qui rappelle le cirque victorien et ses phénomènes de foire, devient une combinaison aux motifs merveilleux qui façonnent le corps et racontent une histoire à porter sous les robes. Les couleurs poudrées qui se déclinent et se mêlent en une palette infinie – tout comme celles du rideau peint par Pablo Picasso pour le ballet Parade – symbolisent aussi cette usure, cette fine poussière qui revêt les habits de scène. Les jupes brodées ou incrustées de paillettes opaques sont raccourcies, jusqu’à devenir des tutus qui évoquent encore les codes du cirque peuplé d’acrobates, de dompteurs et d’écuyères.

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Maria Grazia Chiuri fait appel à cette grande diversité d’images pour composer sa propre parade comprenant des pantalons amples, très légers, resserrés à la cheville, qui peuvent devenir des combinaisons somptueuses. Les shorts s’associent à des chemises blanches transparentes rehaussées de collerettes ou de rubans comme élimés par le temps. On retrouve aussi des corsets en cuir, des marinières ou encore des vestes noires inspirées de celles des dompteurs. La tenue géométrique du clown blanc, sobre ou luxueuse, est réinterprétée dans ses matières, ses broderies et ses proportions. Le défilé est rythmé par la performance de la compagnie de cirque féminine Mimbre qui, dans une recherche constante d’une poétique de l’inattendu, souligne la confiance et le lien créés entre les corps des acrobates. Le cirque est présenté comme un lieu d’inclusion où le clown, dans sa dimension androgyne et asexuée, devient l’expression d’une égalité possible. Son regard révèle une modernité, et ce ne sont plus la beauté, les origines, le genre ni l’âge qui comptent, mais la technique et l’audace.

dior.com

*Citation extraite de l’ouvrage Le Costume de clown blanc, Gérard Vicaire la passion pour seul habit, de Sylvie Nguimfack-Perault (Editions Chapitre Douze, 2016).

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